Transfert et négociations salariales : où en est-on aujourd’hui ?

Publié le 7 mars 2026 à 11:20

La question des salaires et de la prime de transfert reste au cœur des discussions. Après une première mobilisation forte, plusieurs éléments ont évolué, mais la situation reste encore incertaine.

Une mobilisation qui a permis de rouvrir les négociations

Comme beaucoup l’ont compris, un accord de principe avait été obtenu après la mise en grève d’un lot.

Cette mobilisation a contraint CAP à revenir à la table des négociations.
Dans le même temps, les sanctions visant les grévistes ont été annulées en moins de 24 heures, preuve que le rapport de force avait porté ses fruits.

Les revendications portées par FO étaient claires :

  • 1 500 € de prime de transfert

  • +100 € d’augmentation de salaire pour les agents embauchés depuis 2023

Une contrainte de représentativité

Un point important doit cependant être rappelé : pour qu’un accord soit valide, il doit être signé par des organisations représentant au moins 50 % de la représentativité syndicale.

FO ne disposant pas seule de ce seuil, CAP a donc invité la CGT et l’UNSA à participer aux discussions, afin d’atteindre la majorité nécessaire pour valider un accord.

Les positions des organisations aujourd’hui

À ce stade des négociations, plusieurs positions se dessinent.

La CGT indique qu’elle serait prête à signer un accord comprenant :

  • 1 000 € de prime de transfert

  • +80 € d’augmentation de salaire pour les agents embauchés depuis 2023

De son côté, l’UNSA propose une autre approche :

  • 2 200 € de prime,

  • étalée sur trois ans,

  • qui remplacerait la prime de partage de la valeur (PPV).

Or, FO rappelle que la prime de transfert et la PPV sont deux dispositifs distincts et compatibles, déjà prévus dans les discussions. Une telle proposition reviendrait donc à remplacer la prime de transfert plutôt qu’à l’obtenir réellement.

Un point qui mérite d’être rappelé

Il faut également se souvenir que, il y a encore peu de temps, la CGT comme l’UNSA affirmaient que la prime de transfert n’existait pas et que FO l’inventait.

Aujourd’hui, ces mêmes organisations participent aux discussions autour d’une prime qui n’a été mise sur la table qu’après un rapport de force engagé par FO.

Mais dans les propositions actuelles, les montants évoqués sont désormais revus à la baisse.

Une fenêtre de mobilisation qui se referme

FO avait déjà tenté de mobiliser avec l’EPIC en septembre 2025, ce qui représentait la dernière véritable fenêtre avant la reprise.

Désormais, les discussions se déroulent directement avec CAP, dans un contexte différent.

Par ailleurs, les calculs de rémunération sont en cours, et une inquiétude demeure : certains agents pourraient perdre de l’argent dans la transition.

Rien n’est encore joué

Pour autant, la situation n’est pas figée.

Au final, la décision appartient aux agents.

Plusieurs scénarios sont possibles :

  • une mobilisation juste avant la reprise chez CAP, le dernier mois de calcul étant septembre 2026,

  • une grève dès le premier mois chez CAP, en novembre,

  • ou les deux si nécessaire.

Une condition indispensable : la solidarité

Mais une chose est certaine : aucune mobilisation ne peut fonctionner sans solidarité collective.

Les grèves isolées, dépôt par dépôt ou groupe par groupe, ne produisent que peu d’effets.

Le rapport de force existe lorsque tout le monde agit en même temps :

  • présents ensemble,

  • absents ensemble.

Une mobilisation massive, coordonnée et assumée reste la seule manière d’obtenir des avancées significatives.

Parce que, dans ce type de négociation, le résultat dépend toujours du niveau de mobilisation des agents.

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